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01 Avr2008

L’ardente Adèle de Bellegarde…

Que l’on arrive de Grenoble ou de Chambéry, lorsqu’on traverse le village des Marches posé sur sa proéminence à deux pas de Montmélian, notre regard est attiré par le château se dressant en bordure du bourg. Celui-ci fut édifié par le comte de Savoie afin de défendre la frontière. Car la commune des Marches se situe à la limite du Dauphiné. Ce château appartint successivement à plusieurs familles. Puis il devint la propriété des Noyel de Bellegarde, lesquels possédaient également un hôtel particulier à Chambéry.

Quand survient la Révolution, le marquis François-Eugène de Bellegarde partage son temps entre Chambéry et les Marches. Il vit avec ses deux filles : la blonde et fragile Aurore, la brune et ardente Adèle qui va bientôt défrayer la chronique. A l’âge de quinze ans, Adèle est mariée à Frédéric de Bellegarde, un cousin beaucoup plus âgé et officier dans l’armée du roi de Piémont. Le couple aura deux enfants.

Lorsqu’en 1792, la Savoie est envahie par les troupes de la Révolution, le duché devient français pour un temps. Parmi les commissaires envoyés de Paris pour gérer le nouveau département, se trouve un jeune aristocrate portant le nom de Hérault de Séchelles et ayant opté pour les idées nouvelles. Tandis que son époux Frédéric guerroie contre la France aux côtés de son roi, Adèle pactise avec les révolutionnaires. Ce qui n’est pas du goût de la noblesse savoyarde. D’autant que les deux sœurs se permettent de coiffer le bonnet phrygien. Et Adèle tombe amoureuse de Hérault. Une vraie passion…

Pareille situation ne peu manquer d’engendrer des bouleversements dans la vie des sœurs de Bellegarde. Quand Hérault en a fini de sa mission en terre savoisienne, il rentre à Paris pour reprendre ses activités à la Convention. Les deux sœurs vont le suivre. Adèle découvre la capitale. Mais tout n’est pas rose. Survient la Terreur, Robespierre abat tous ceux qui n’adhèrent pas à ses convictions. Hérault de Séchelles est guillotiné. Adèle et Aurore sont emprisonnées. Elles échapperont à l’échafaud.

Une fois revenu le calme dans la capitale, les deux sœurs fréquentent la haute société où elles deviennent de véritables égéries. On les voit dans les salons à la mode. Dont celui de Madame de Staël. Elles côtoient les personnages en vue. Adèle se lie d’amitié avec Monsieur de Talleyrand. D’une grande beauté, le peintre David la fera poser pour son tableau des Sabines. Ce portrait fameux servira plus tard pour la Marianne des timbres-postes. Adèle finira sa vie au château de Chenoise près de Paris. Sans jamais revoir ses deux enfants.

Le nom des sœurs de Bellegarde est entré dans l’Histoire de la Savoie. Même si ce n’est pas toujours à leur avantage. Beaucoup ont considéré qu’Adèle était une dépravée. Emportée par la tempête révolutionnaire, elle n’avait fait que suivre sa route, un chemin tourmenté et riche en rebondissements…

Jean-Marie Jeudy

L’étonnante destinée des sœurs de Bellegarde est racontée dans l’ouvrage « Femmes et rebelles » de Jean-Marie Jeudy, aux Editions « En train de lire et Dfis ».

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