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04 Avr2008

Le mont Blanc pour les dames…

On a dit du mont Buet, au-dessus de la vallée de Vallorcine, qu’il était le mont Blanc des Dames. Mais n’allez pas imaginer que le mont Blanc, le vrai, laissa la gent féminine dans l’indifférence. Si la conquête du toit de l’Europe fut une histoire d’hommes, il y eut des dames pour se mêler de leurs affaires.

Il semblerait toutefois que la première femme gravissant la cime suprême le fit malgré elle. En 1809, des guides de Chamonix proposaient à Marie Paradis de l’emmener là-haut. Ils lui avaient expliqué qu’elle deviendrait célèbre. L’ascension fut une véritable galère, il fallut presque la porter. C’est ainsi que la serveuse d’une auberge chamoniarde fut la pionnière, mais elle ne bénéficia aucunement de la gloire…

Trente ans plus tard, en septembre 1838, Chamonix voit arriver une demoiselle de 44 ans à l’air décidé. Originaire du Bugey voisin, Henriette d’Angeville affirme qu’elle s’est éprise du mont Blanc et qu’elle est venue pour célébrer ses fiançailles. L’ascension ne s’effectuera pas sans peine, mais la demoiselle a fait jurer à ses guides de la hisser morte ou vive. Parvenue sur la cime, elle se fait soulever à bout de bras par deux guides afin d’être vraiment la femme la plus haute du monde. Puis elle admire le paysage. Lorsqu’il faut songer à redescendre, sous l’œil médusé des Chamoniards, elle sort sa plume et s’installe pour rédiger son courrier. Les guides finissent par la convaincre que l’endroit n’est pas idéal pour tenir sa correspondance. Le retour dans la vallée s’achève par un banquet d’honneur à l’hôtel de l’Union. Même la Paradis a été conviée, elle reconnaît volontiers que la demoiselle a su mériter le pucelage du mont Blanc…

Dans son milieu de l’aristocratie provinciale, Henriette d’Angeville était considérée comme une originale. Elle ne correspondait pas à ce que l’on attendait de la femme. Ses proches avaient tenté en vain de la dissuader, de lui faire comprendre que ce n’était pas digne d’une personne de son rang. Rien n’y fit. Sa seule concession fut d’adopter le pantalon. Elle le fit par décence. Il faut admettre qu’elle devait posséder une bonne dose d’orgueil et d’audace pour assumer un pareil choix dans le contexte de l’époque.

Elle escaladera par la suite d’autres cimes plus modestes. Dont ce fameux mont Buet, celui baptisé le mont Blanc des dames. Elle avait commencé par le mont Blanc des hommes…

Jean-Marie Jeudy

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