Le dernier week-end de novembre

16 mai

Festival du premier roman

Le 21ème Festival du Premier Roman de Chambéry a débuté hier. Quatorze auteurs francophones et Bernard Chambaz, invité d’honneur, seront présents jusqu’à dimanche dans plusieurs lieux du centre-ville de Chambéry.Pour le programme détaillé, cliquez là : www.festivalpremierroman.asso.fr/ Petite introduction aux textes : Cinq auteurs évoquent leur premier roman

Alluminio est un roman sur la nécessité de se retrouver et sur l’amour, mais aussi sur l’abandon, le manque et la défaite. L’histoire débute au Chili, au début des années ‘70 et se termine en Argentine pendant la coupe du monde de football. En arrière-plan : la violence de ces deux régimes.

Je travaille depuis plusieurs années dans le domaine narratif, comme rédacteur et traducteur. La traduction a été pour moi un très bon entraînement à l’écriture. Traduire signifie se confronter avec la recherche du mot plus approprié, le plus défini. L’écriture doit chercher la précision, la clarté. Cela ne veut pas dire qu’elle doit être froide et aseptisée. Mais il faut être précis et affûté comme la lame d’un couteau.

Si on ne confronte pas son premier roman avec le grand public, on se retrouve tendanciellement aux marges du marché éditorial. Un festival comme celui de Chambéry est un espace de visibilité et de confrontation pour son travail. Je trouve aussi très stimulant qu’il donne la possibilité de connaître ce qu’il y a de nouveau au niveau de la narration dans les autres pays européens.

Luigi Cojazzi, Alluminio, Hacca Editore

José est l’histoire d’un enfant de neuf ans qui s’invente un monde qui n’appartient qu’à lui. Son plaisir est de réinventer tout ce qu’on lui apprend. Personne n’a accès à son univers, pas même sa propre mère. J’ai écrit ce roman pour parler de la force de l’imaginaire.

Dans mon parcours, l’écriture s’impose aujourd’hui comme une évidence. Après avoir écrit des chansons pendant des années, je ressens le besoin d’aller plus loin dans l’écriture. Ecrire des romans me permet d’avoir une relation très juste avec moi même. On ne peut, à mon sens, écrire un roman sans engager sa propre sensibilité.

J’aime aller à la rencontre des gens, de partager avec eux des émotions. Ce festival va me donner l’occasion d’être au contact de personnes qui ont lu mon roman. C’est aussi une forme de reconnaissance d’être invité à un tel festival.

Richard Andrieux, José, Éditions Héloïse d’Ormesson

Quelque part dans un petit village du sud de l’Espagne, la jeune Frasquita Carasco hérite du territoire de ses mères : une boîte mystérieuse et quelques prières, seuls biens arrachés à lafolie des hommes qui tiennent le monde. Dans l’obscurité de la boîte, un don est en gestation. Frasquita devra patienter neuf mois avant de soulever le couvercle.À l’image du don enfermé dans sa boîte, mon roman a lentement décanté. Ecrire est un doux mélange de patience et de jaillissements. Il m’aura fallu dix ans pour arriver à bout de monprojet. Voilà Frasquita embarquée depuis un an dans la tête des lecteurs, abandonnée à leur imagination, voguant au gré de leur lecture, de leur fantaisie. Quel plaisir d’avoir de ses nouvelles grâce à un festival comme celui de Chambéry ! Un premier roman, c’est si fragile ! Merci d’être là et de veiller avec cette bienveillante attention sur nos premiers pas.

Carole Martinez, Le cœur cousu, Gallimard

Le livre que je présenterai au festival est Le cœur des enfants léopards. C’est un roman d’amour et d’amitié, sur fond de problématiques liées aux difficultés que rencontre la jeunesse pauvre issue de l’immigration africaine. L’écriture est quelque chose qui m’accompagne au quotidien depuis l’adolescence, j’y trouve un espace dans lequel j’arrive à exprimer ce qu’il y a de plus intime en moi. C’est aussi un loisir, j’éprouve de réelles satisfactions à jouer avec la langue, chercher le bon mot, le rythme le plus adéquate, les sons qui sont le plus proche de ce que je veux dire. J’aime écrire et souvent chanter ce que j’écris. Je suis très heureux de participer au festival du premier roman… ce genre d’événements n’arrive qu’une seule fois dans une vie d’écrivain. En plus, je sais que la sélection a été longue et minutieuse, la reconnaissance n’en est que plus grande. Des auteurs plus expérimentés comme Boualem Sansal, m’ont parlé de la magie du festival de Chambéry, j’ ai hâte de m’y plonger. Une seule inquiétude, j’espère que le beau temps sera au rendez-vous, c’est toujours plus agréable avec le soleil !Wilfried N’Sondé, Le cœur des enfants léopards, Actes Sud

Je viendrai au Festival du Premier Roman de Chambéry présenter Les Inattendus, publié chez Stock. Ce roman se situe en Hongrie, cinq ans après la chute du mur de Berlin. Il suit le parcours intérieur de Klara, qui découvrira les richesses des rapports humains en acceptant de travailler pour la seule entreprise de son village : un hôpital où sont soignés des enfants abandonnés. C’est donc le récit d’un éveil à l’autre et à soi-même (indissociables). Ce thème pourrait résumer à lui seul ma volonté d’écrire des livres. Si j’écris, c’est pour dire et que l’on me réponde. C’est pour comprendre et essayer de me faire comprendre. C’est la grâce de la littérature, que l’on soit auteur ou lecteur : un échange particulier, lié au recul que demande l’écriture et la lecture. Au Festival du Premier Roman de Chambéry, je viens autant pour rencontrer des lecteurs que d’autres auteurs, des gens qui ont cette curiosité de s’interroger sur l’autre et sur eux-mêmes. Parce que ce sont les questions, plus que les réponses, qui nous font avancer.

Eva Kristina Mindszenti, Les inattendus, Stock

Propos recueillis par Sarah Molina

Livres en Marches © 2008 Association Inform'action, Les Marches, Savoie | Flux RSS des informations de ce site web

Crédits et mentions légales | Contacts | Les chemins du livre en Savoie |
Aide au référencement, promotion du site :Outils webmasters