Jean-Claude Garrigues est né à Marseille, en 1959. Diplômé de l’Institut Pratique de Journalisme (Paris), il débute sa carrière à Marseille au journal Le Provençal, avant de rejoindre la rédaction du Dauphiné Libéré, où il occupe, aujourd’hui, les fonctions de secrétaire général de la rédaction.

Marseille mer est un recueil de dix nouvelles, regroupées en deux parties : Racines et Partir.
Racines, c’est l’attachement que l’on peut avoir pour Marseille, que l’on soit né dans cette ville où qu’on l’ait découverte, plus tard, au cours de sa vie. Partir, c’est la nécessite qu’il y a parfois de s’en éloigner pour continuer à l’aimer.
Les nouvelles portent toutes, ou presque, en titre, le nom d’un quartier ou d’une rue, qui va être le théâtre et même l’un des personnages de la nouvelle. Un personnage secondaire. Dans ce quartier ou cette rue, l’écriture déambule  aux même pas que les personnages et l’histoire : Le Panier, Callelongue, la Joliette, la rue des Tyrans, la rue Paradis, le Château d’If, la Corniche, Saint-Antoine…
Les thèmes abordés sont : la mémoire, l’enfance, le destin d’une femme de marin dans la première moitié du 20e siècle, l’amour, l’exil, et la violence que l’on peut croire, parfois, consubstantielle, inséparable de cette ville.
A Marseille, toutes les rues mènent à la mer. A dire vrai, elles y mènent plus ou moins directement mais, qu’on les parcoure dans un sens ou dans un autre, qu’on les « monte » ou qu’on les « descende », comme l’on dit volontiers ici et cela même si leur dénivelé est voisin de zéro, on finira toujours par éprouver sa présence, là, ou un peu plus loin, là-bas.
Ici aussi, parmi mille autres paradoxes, il arrive parfois que l’on baptise une impasse boulevard et un boulevard rue mais qu’importe : chaque maison peut être une ville, chaque quartier une île et chaque bateau, lorsqu’on y parvient enfin, fait un port à lui seul…

La couverture de l’ouvrage, publié aux éditions du Petit Véhicule, est illustrée par une aquarelle du peintre marseillais Edmond Astruc (1878-1977).

 L’exilé a perdu la trace. Il chemine sur une crête étroite entre présence et absence, silence et parole, là et ailleurs. […] L’exilé a perdu la trace. Le temps passe et, obstinément, il continue à parler de ce qui n’est plus à celui qui n’est pas là. Qui l’entendra ?