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08 Août2013

Catherine Destivelle, invitée d’honneur de Livres en Marches 2013

Destivelle AFP Jean-Pierre Clatot

 

Star de l’alpinisme dans les années 90, Catherine Destivelle aujourd’hui reconvertie dans l’édition publie un livre sur les grandes figures de la montagne consacrées par le magazine Paris Match, après s’être elle-même hissée au sommet d’une discipline très masculine.

Ses mains musclées, meurtries par les cordes et les rochers coupants, trahissent l’alpiniste à la fine carrure qui partage sa vie entre Chamonix et Paris. A presque 53 ans, Catherine Destivelle vient de gravir plusieurs falaises espagnoles avec une aisance quasi intacte, témoigne un de ses amis.

Entre l’animation de deux conférences lucratives, l’alpiniste qui se tourne progressivement vers l’édition s’accorde des échappées belles où, « comme dans son enfance », elle « joue » avec la moindre cavité pour s’en faire un appui et décrypte la paroi à une vitesse record.

Si physiquement elle n’était « pas plus forte que les autres, cette rapidité d’analyse », concède la sportive avec humilité, lui a permis de se faire une place dans le milieu très fermé de l’alpinisme après des débuts remarqués dans l’escalade.

La parisienne, fille d’un ingénieur et d’une artiste peintre, découvre la « grimpe » très jeune dans la forêt de Fontainebleau lors de sorties familiales. Mais à 13 ans, celle qui deviendra championne du monde d’escalade s’émancipe et part en cachette le week-end s’exercer dans les Haute-Alpes avec des grimpeurs plus âgés. Des fugues que ses parents finissent par découvrir quand elle revient avec une ophtalmie provoquée par la réverbération de la neige, se souvient amusée la grimpeuse, dotée d’un diplôme de kiné.

Cette haute montagne à laquelle elle vient de se frotter deviendra vers 30 ans son terrain de prédilection et attirera du même coup la curiosité de ses pairs. Notamment en 1991 quand elle ouvre en solitaire une nouvelle voie dans la face ouest des Drus, après onze jours d’ascension exigeante.

« J’avais tellement mal aux mains que j’ai gardé pendant une semaine les bras en l’air pour éviter que le sang ne remonte », se remémore la pétillante quinquagénaire, regard bleu et chevelure brune en bataille, qui ponctue chaque phrase d’un grand éclat de rire.

« Sa majesté »

La reconnaissance, elle l’obtiendra l’année suivante avec la face nord de l’Eiger, baptisé l’ogre des Alpes en raison du grand nombre d’alpinistes qui y ont perdu la vie. Quelques mois plus tard, elle enchaînera dans le même massif avec la face nord des Grandes Jorasses puis celle du Cervin (1993), ce qu’aucune autre femme n’a depuis égalé.

Insatiable, « sa majesté » Catherine, comme la surnomment les journalistes à cette époque multiplie les apparitions dans Paris Match. Un magazine dont elle édite aujourd’hui les articles et photos dans un livre, « Montagne à la une » qui retrace plus largement 60 ans de reportages sur la montagne.

Mais en 1996, au cours d’une expédition en Antarctique, l’alpiniste se blesse à la jambe lors d’une chute et quitte le haut niveau. Un épisode dont elle aime peu parler, comme des accidents en général, estimant abruptement « qu’ils auraient pu souvent être évités ».

« Ce qu’elle a fait, seule une poignée d’alpinistes sont capables de le faire », raconte admiratif le photographe René Robert qui a immortalisé quelques une de ses ascensions.

Modeste, Catherine Destivelle explique avoir veillé à choisir ses performances en fonction des difficultés, afin d’être reconnue en tant qu’alpiniste et pas en tant que femme, d’autant plus que ses débuts flamboyants dans « l’escalade libre », avec un matériel allégé et une technique proche de la chorégraphie, avaient laissé circonspects les puristes.

Il faut dire qu’à 25 ans, la jolie jeune femme filmée par un ami réalisateur en train de grimper en justaucorps rose et short moulant dans les gorges du Verdon, n’était pas passée inaperçue.

« Je détestais me voir, mais en même temps je rêvais de pouvoir vivre de ma passion, il fallait jouer le jeu », évoque avec détachement cette mère d’un adolescent de 15 ans passionné de voile.

© AFP/Archives – Jean-Pierre Clatot

 

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