Cet ouvrage est fondé sur un important travail d’archives, ainsi que sur les résultats de fouilles archéologiques et une bibliographie quasi exhaustive.

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Cette histoire du vin est multiséculaire : le vin d’Allobrogie était connu à Rome dès le règne d’Auguste, mais c’est au Moyen Age que la vigne s’installe dans les vallées, sur les piémonts, voire en altitude, grâce à la christianisation. L’étape aristocratique du vignoble correspond à l’apogée politique de part et d’autre des Alpes des comtes et des ducs de Savoie. Nombre de crus actuels sont souvent des clos ayant appartenu directement aux princes savoyards.
Si l’époque moderne est marquée par le Petit âge glaciaire, il n’en demeure pas moins que les vins savoyards, et notamment le vin rouge, jouissent d’une grande réputation : sous la plume du grand voyageur qu’est Montaigne, les vieux vins sont jugés comme des vins excellents.
Ce vignoble atteint son âge d’or, fût-il éphémère, entre la réalisation du cadastre sarde (vers 1730) et le milieu du XIXe siècle. La surface du vignoble passe de 12.000 ha à 20.000 ha sous des formes diverses dont les hautains. On connaît mieux sous l’Empire les principaux cépages dont certains ont été oubliés depuis. Mais c’était sans compter l’arrivée de fléaux venus d’Amérique dont le terrible phylloxéra. De 1879 à 1900, plus de 11.000 ha sont détruits. En 1912 cependant le vignoble, hors vigne haute, est à peu près reconstitué. C’est sans compter avec une évolution chaotique tout au long du XXe siècle où la viticulture est un complément économique des agriculteurs. Il faut attendre le renouveau des années 1980 où la professionnalisation du métier et le réchauffement climatique ont permis un vrai renouveau de cépages oubliés, comme la mondeuse blanche et le persan. De nouvelles structures, comme le Centre ampélographique alpin, installé dans le Musée du vin de Montmélian, ont aidé à cet avènement.

 

Christian Guilleré est professeur d’Histoire du Moyen Age a l’Université de Savoie, il a dirigé
le Laboratoire Langages, Littératures et Sociétés. Il dirige des recherches dans l’équipe « Histoire des territoires transfrontaliers », a organisé la bibliothèque et le pôle édition.