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Articles publiés sur En train de lire

15 Avr2008

Charlotte Perriand

Beaucoup de noms illustres se rapportent au monde des sports d’hiver. Notamment parmi les concepteurs et les constructeurs des stations. Certains de ces noms sont moins connus. Tel celui de Charlotte Perriand. Et pourtant !

Originaire de Yenne par son père, voici une femme qui se forgea une réputation dans le monde de l’architecture et de l’urbanisme moderne. Une femme qui sut remplir son existence. Ivre d’espace, folle de nature et passionnée de montagne, elle cultivait un impérieux besoin de liberté.

Au collège, un enseignant perçoit son habileté pour le dessin. Elle est dirigée vers une école des arts décoratifs. Lorsqu’elle achève ses études, ses professeurs lui conseillent d’exposer ses réalisations. Ce qu’elle fera au salon d’Automne de Paris en 1926. Puis à la lecture d’un ouvrage écrit par Le Corbusier, elle va frapper à la porte du célèbre architecte. L’accueil est mitigé, mais le maître l’accepte dans son atelier. Durant dix ans, elle travaille sous ses ordres, s’initiant à l’architecture sous toutes ses formes. Puis elle décide de voler de ses propres ailes. Ainsi débute une longue carrière où ses réalisations feront d’elle l’une des meilleures conceptrices de l’aménagement intérieur. Pour exemple, elle participe à la création de la Cité radieuse à Marseille.

Son style fut influencé par un séjour au Japon. Ce fut la révélation. Là-bas, elle découvre le raffinement de l’art japonais qui marquera ses futurs travaux. Puis elle s’investit dans des projets concernant la montagne. Elle œuvrera pour plusieurs stations de Tarentaise.

Lorsque le promoteur Roger Godino envisage la création d’une station de sports d’hiver au-dessus de Bourg-Saint-Maurice, ayant eu vent de ses talents, il rencontre Charlotte et lui demande de se joindre à son équipe. C’est elle qui apportera son esprit aux Arcs. Parmi ses idées innovantes, elle propose une station interdite à la voiture, un espace où l’homme puisse se ressourcer en toute liberté. Elle a soixante ans, elle consacrera vingt années à cette station. Outre l’équipement intérieur des appartements, son rôle consistera à donner une cohérence à l’ensemble de la réalisation. Et l’on peut s’étonner de l’immeuble appelé la Cascade à Arc 1600. Ce bâtiment qui joue avec la neige et le soleil est né de l’imagination de Charlotte Perriand. Evoquant son travail aux Arcs,  Roger Godino a écrit : Elle est arrivée à point pour nous permettre d’oser.

                       Jean-Marie Jeudy

Le parcours de Charlotte Perriand est raconté dans l’ouvrage « Femmes et rebelles » de Jean-Marie Jeudy, aux Editions « En train de lire et Dfis ».

01 Avr2008

L’ardente Adèle de Bellegarde…

Que l’on arrive de Grenoble ou de Chambéry, lorsqu’on traverse le village des Marches posé sur sa proéminence à deux pas de Montmélian, notre regard est attiré par le château se dressant en bordure du bourg. Celui-ci fut édifié par le comte de Savoie afin de défendre la frontière. Car la commune des Marches se situe à la limite du Dauphiné. Ce château appartint successivement à plusieurs familles. Puis il devint la propriété des Noyel de Bellegarde, lesquels possédaient également un hôtel particulier à Chambéry.

Quand survient la Révolution, le marquis François-Eugène de Bellegarde partage son temps entre Chambéry et les Marches. Il vit avec ses deux filles : la blonde et fragile Aurore, la brune et ardente Adèle qui va bientôt défrayer la chronique. A l’âge de quinze ans, Adèle est mariée à Frédéric de Bellegarde, un cousin beaucoup plus âgé et officier dans l’armée du roi de Piémont. Le couple aura deux enfants.

Lorsqu’en 1792, la Savoie est envahie par les troupes de la Révolution, le duché devient français pour un temps. Parmi les commissaires envoyés de Paris pour gérer le nouveau département, se trouve un jeune aristocrate portant le nom de Hérault de Séchelles et ayant opté pour les idées nouvelles. Tandis que son époux Frédéric guerroie contre la France aux côtés de son roi, Adèle pactise avec les révolutionnaires. Ce qui n’est pas du goût de la noblesse savoyarde. D’autant que les deux sœurs se permettent de coiffer le bonnet phrygien. Et Adèle tombe amoureuse de Hérault. Une vraie passion…

Pareille situation ne peu manquer d’engendrer des bouleversements dans la vie des sœurs de Bellegarde. Quand Hérault en a fini de sa mission en terre savoisienne, il rentre à Paris pour reprendre ses activités à la Convention. Les deux sœurs vont le suivre. Adèle découvre la capitale. Mais tout n’est pas rose. Survient la Terreur, Robespierre abat tous ceux qui n’adhèrent pas à ses convictions. Hérault de Séchelles est guillotiné. Adèle et Aurore sont emprisonnées. Elles échapperont à l’échafaud.

Une fois revenu le calme dans la capitale, les deux sœurs fréquentent la haute société où elles deviennent de véritables égéries. On les voit dans les salons à la mode. Dont celui de Madame de Staël. Elles côtoient les personnages en vue. Adèle se lie d’amitié avec Monsieur de Talleyrand. D’une grande beauté, le peintre David la fera poser pour son tableau des Sabines. Ce portrait fameux servira plus tard pour la Marianne des timbres-postes. Adèle finira sa vie au château de Chenoise près de Paris. Sans jamais revoir ses deux enfants.

Le nom des sœurs de Bellegarde est entré dans l’Histoire de la Savoie. Même si ce n’est pas toujours à leur avantage. Beaucoup ont considéré qu’Adèle était une dépravée. Emportée par la tempête révolutionnaire, elle n’avait fait que suivre sa route, un chemin tourmenté et riche en rebondissements…

Jean-Marie Jeudy

L’étonnante destinée des sœurs de Bellegarde est racontée dans l’ouvrage « Femmes et rebelles » de Jean-Marie Jeudy, aux Editions « En train de lire et Dfis ».

19 Déc2007

Femmes et rebelles en Savoie : Anne de Chypre

Femmes et rebelles en Savoie est cité sur LeChoixDesLibraires.com

Elle vécut au cours du quinzième siècle.
Ce ne fut pas la moindre des rebelles. Elle fut rebelle à son milieu. En même temps qu’elle en faisait pleinement partie. Nombre d’historiens l’égratignèrent. Les bonnes raisons ne leur manquèrent pas…

Rebelle ou empêcheuse de tourner en rond ? C’est ce qu’aurait pu lui reprocher son époux. Mais il l’aimait… Lui dont le parcours ne tourna pas à l’avantage de son duché. La dame n’y fut pas étrangère.
Anne était venue de son île lointaine de la Méditerranée. Elle arrivait de Chypre. Le mari qu’on lui destinait était appelé à régner sur la Savoie. Un pays si différent du sien. On l’avait promise à Louis. Elle n’avait pas eu d’autre choix que de s’engager sur la voie qu’on lui avait tracée d’office. Une femme, fût-elle de la noblesse, ne pouvait prétendre à aucune décision en matière d’épousailles. Celles-ci étaient des affaires d’Etat. Non pas des affaires de coeur. Anne fut mariée à l’âge de quatorze ans. N’y voyez rien d’exceptionnel, les demoiselles devenaient des épouses à peine sorties de l’enfance.
Si la Chypriote n’eut pas à décider du chemin, elle sut rapidement le suivre selon sa convenance…
La Maison de Savoie a toujours su jouer des unions et des alliances. Amédée VIII avait entrepris de marier son fils aîné. Il souhaitait en tirer profit, souvent but initial des mariages dans la haute noblesse. Petit-fils d’Amédée VI surnommé le comte Vert, fils d’Amédée VII dit le comte Rouge, Amédée le huitième du nom était doté d’une personnalité alliant rigueur morale et ferveur religieuse. Son épouse, Marie de Bourgogne, lui donna sept enfants. Elle mourut assez jeune en couches. Il ne s’en consola jamais. S’il se suffisait d’une vie simple, il avait su s’entourer d’une cour brillante et entretenir le prestige de son Etat, l’un des mieux administrés d’Europe. Il avait agrandi ses territoires. C’est lui qui incorpora définitivement le Piémont à la Maison de Savoie. Ne cessant de prôner les vertus de la paix, il élabora les Statuts de Savoie, sorte de constitution en avance sur son temps et qui assurait une justice plus équitable. Les autres souverains avaient compris ses qualités et voyaient en lui un nouveau Salomon. Ils ne négligeaient jamais ses interventions dans le jeu de la diplomatie. En 1416, l’empereur germanique Sigismond fit une escale à Chambéry et érigea le comté au rang de duché. L’historien Raymond Oursel écrira que d’un pays constitué de « terroirs crottés et montueux », le duc avait fait un véritable « Etat dans l’Europe moderne ».
Un rêve habitait Amédée, il voulait occuper une position avantageuse en Méditerranée. Ses espérances pour y parvenir s’orientaient vers une île. Voilà pourquoi son projet était d’unir son fils à la fille du roi de Chypre. Il voyait dans cette alliance un atout majeur pour sa maison. Outre les aspects stratégiques et commerciaux, l’île représentait la défense la plus orientale de la chrétienté contre l’islam.
Du Xle au XIIIe siècle, les croisades avaient envoyé princes et chevaliers vers les terres d’Orient, pour guerroyer contre les infidèles et délivrer les lieux saints occupés par les Musulmans. Il y eut des seigneurs pour conquérir des territoires. C’est ainsi qu’une famille allait bouleverser le destin de Chypre. L’île était convoitée depuis les temps les plus anciens. En 1196, elle fut acquise par les Lusignan, une dynastie originaire du Poitou. Selon la tradition, cette famille descendait de la mythique Mélusine, mi-femme et mi-serpent, que rapportent de fabuleux récits. D’une grande beauté, la fée avait épousé le comte de Forez, noble personnage répondant au nom de Raimondin. Ce fut la plus agréable des épouses, mais elle avait scellé un pacte qui ne cessait d’intriguer son mari. Chaque samedi, elle se retirait dans une pièce mystérieuse de leur somptueuse demeure. Le comte avait promis de ne jamais percer son secret. Sa curiosité et sa jalousie eurent raison de sa patience. Que faisait son épouse durant ses absences ? Avait-elle un amant ? Un jour, il ouvrit la porte. Par ce geste, il brisait le pacte. Mélusine était nue dans sa baignoire. Au-dessus du nombril, elle avait son corps de femme, avec ses épaules rondes et ses seins haut plantés. Sous le nombril, ce n’était plus une femme. Elle avait une queue de serpent. Dans un bruit effroyable, elle s’échappa par la fenêtre et disparut à jamais…

Auteur : Jean-Marie Jeudy
Préface : Abdelkader Zibouche
Date de saisie : 18/12/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances…
Editeur : En train de lire
Prix : 25.90 € / 169.89 F
ISBN : 978-2-9528349-1-9
GENCOD : 9782952834919
Sorti le : 26/11/2007

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